Quoi ? : galerie d'art contemporain
Où ? : Cours Saleya Nice
Quand ? : Les lundis ensoleillés uniquement.Quasi-hebdomadaire l'été
Combien ? : prix variés
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Loin des théories et des classifications, la Galerie du Lundi expose en plein air sur le Cours Saleya des antiquaires. Le concept est simple: Un lundi, un artiste. Le cours Saleya est devenu incontournable au cœur du vieux Nice très populaire, on y vante surtout l'authenticité de son marché aux fleurs et de sa brocante du lundi.

Depuis une vingtaine d’années, les lundis ensoleillés des mois chauds, parmi le foisonnement hétéroclite des étals, on remarque le stand hybride d’un iconoclaste brocanteur-curateur -à moins que ce soit l’inverse?- qui se signale par une banderole annonçant « La Galerie du Lundi »  à un endroit précis et déterminé par le placier, face au restaurant Le Safari.

A l’origine du projet, Mauro Alpi, artiste, brocanteur, peintre en bâtiment et performer,  a tout d’abord souhaité investir le cours le lundi, pour y brûler quelques meubles au beau milieu de ceux sauvés par l’argus et s’amuser ainsi de la fumisterie de tous ceux qui se perçoivent comme des incendiaires mais ne forment que des volutes éthérées – avec leur grande bouche… Initiative assez drôle au pays de l’École de Nice et d’Arman, tycoon des combustions. La récurrence du tuyau de poêle dans son œuvre y fait sans doute encore écho…

En définitive,  au fil du temps, l’esprit s’est révélé plus festif et collectif qu’ironique à la Galerie du Lundi qui agrège désormais  électrons libres et moults réseaux. Le protocole est toujours un peu foutraque et éclectique, ce qui peut surprendre certains  dans une ville policée comme la nôtre. Peu de visiteurs occasionnels de la ville, majoritairement perçue comme la vitrine du prestige un peu patiné de la Riviera mythique savent en effet qu’il existe un art contemporain très actif soutenu par des galeries et des organes de promotion comme DeL’Art ou encore le Réseau Botox.

Ils imaginent encore moins un fourmillement artistique plus alternatif, abreuvé d’esprit libertaire en résonance avec les formes d’inventions et d’économie solidaire développées depuis quelques années par les Keskon Fabrik, Court-Circuit, Zonmé et autres Urbains de Minuit, tous, lieux hétérotopiques d’une créativité qui ne craint pas la marge. Galvanisée par l’appui logistique et l’adhésion enthousiaste de jeunes gens tels que Géraldine Bianco et Philippe Claude, les quelques mètres carrés de cette galerie sans cimaises, à ciel ouvert et à l’air libre, accessible à tous les curieux et à tous les badauds, accueille donc les amis artistes d’hier et d’aujourd’hui comme ceux de la génération émergente, dans une constante dynamique collective.

En 20 ans, se sont succédés au clou, en gage d’art affranchi de tout diktat et carcan théorique, bien des artistes et des œuvres singulières, venus aussi bien de la Conciergerie, du Pigeonnier que de la matrice « institutionnelle » de la Villa Arson et des ateliers d’artistes du 109 … C’est ainsi qu’on y aura vu exhibés entre autres la fantaisie hypercréative de Thierry Lagalla, l’avatar de Patrick Moya, les dessins et les collages du prolixe Hubert Weibel, les crânes en laine crochetée de Stéphanie Lobry, les portraits et vidéos de Catherine Cattaneo, le beau graphisme de Loïc Alsina qu’on retrouve dans la revue Endemic et les sculptures du designer Dom Trapp. Aujourd’hui, on croise également autour de la Galerie du Lundi de jeunes artistes très prometteurs tels que Patrick Durand-Walworth ou Quentin Spohn.

Tout cela dans la bonne humeur, un verre de rosé à la main tout en prenant le temps d’un déjeuner convivial autour d’une table de camping calée devant un patchwork de tapis, avec une économie assumée de moyens qui s’accommode parfaitement du prosaïsme des achats marchandés sur le cours. Et sans craindre le moins du monde que cette rencontre du monde des antiquités avec celui d’un art résolument contemporain relève du mariage de la carpe avec un lapin.

MG