Quoi ? : Librairie
Où ? : 23 Avenue Alfred Borriglione 06100 Nice
Quand ? : Du mardi au samedi de 10h à 19h / Lundi de 13h à 18h / Fermé dimanche
Transport ? : Tramway ligne 1 arrêt Borriglione
Des Questions ? : 04 92 10 77 20
Un lien ? : Cliquez-ici

Jean-Sébastien et Arnaud réinvente sur Borriglione la librairie de quartier. A la fois généraliste et audacieuse dans ses choix, « les journées suspendues » est un espace à livre de 55 m2 dédié à la découverte et à tous le plaisirs de la lecture.

Ouvrir une librairie à Nice Nord, un défi ou la meilleure réponse que l’on puisse donner aujourd’hui aux grandes surfaces du livre, au cœur de nos cités ou sur la toile ?

« Les journées suspendues » c’est le nom qu’a choisi Jean-Sébastien, féru de lectures pour donner vie à un vieux démon : « Je rêvais depuis longtemps d’ouvrir une librairie. Alors à force d’y penser, de remettre à plus tard, de me dire que ce n’était pas le moment, et d’y repenser à nouveau, le moment était venu. Je l’ai fais l’été dernier ! » Ce jeune trentenaire n’était pas destiné à embrasser une telle carrière. Né à Menton en 1984 il fait ses études d’économie à Nice puis travaille à la CCI de Nice, pour les Cafés niçois Malongo, et enfin effectue un passage de six mois à la FNAC de Nice. C’est là qu’il rencontre Arnaud, son futur complice, et que le projet prendra corps, là où on ne l’attendait pas forcément. « Je n’habite pas très loin c’était pratique » dit il en riant avant de rajouter, « J’ai emménagé à la fin du chantier tramway et j’ai vu que le quartier reprenait vie, se régénérait. Et puis il nous fallait du passage. Le boulevard Borriglione est très fréquenté. Fort de sa vie commerçante et de la proximité de la Faculté des sciences il draine une population bigarrée, intergénérationnelle. Je me suis dit que c’était peut être le bon endroit pour ouvrir une librairie de quartier. On en trouve dans toutes les villes. Pourtant à Nice il m’a semblé que cela existait moins qu’ailleurs, que le centre ville trustait les commerces culturels » Bonne analyse car en plus la cinquième ville de France est plutôt chiche en la matière avec à peine une petite dizaine de librairies indépendantes en incluant celles dédiées à la BD.

« Les journées suspendues » se voulait au départ une librairie de quartier. Ce qu’elle est par son accueil, l’écoute et la compétence de Jean Sébastien et d’Arnaud mais c’est aussi une librairie généraliste (6000 références en stock) avec des choix pointus. Vous dénicherez aussi bien le récent ouvrage « La disparition de Karen Carpenter » Actes Sud Rocks, la dernière Bio d’Etienne Daho, que des revues alternatives (Schnock, Vingt et un, De l’air, etc…) des classiques de la littérature – j’y ai trouvé en poche « La grande peur dans la montagne » de Ramuz – et toute l’actualité des grands éditeurs. La déambulation dans cet espace au design clair de 55 m2 y est agréable. Beaucoup d’ouvrages sont présentés à plat. Ce qui permet de « naviguer à vue », de feuilleter, d’autant que l’assortiment est régulièrement renouvelé. Tous les genres sont proposés, classés par zones : littérature française, étrangère, beaux-arts, histoire, géographie, sciences, sociologie, philosophie, ethnologie plus loin le rayon polar et science fiction et au fond le coin BD pour petits et grands avec un espace cosy.

Toujours à l’affut des parutions vos hôtes ne ratent pas une nouveauté ou la réédition d’une perle rare. Arnaud commente «  Ce n’est pas une mince affaire. Rien qu’en janvier, nous avons reçu plus de 120 références.  Pour la rentrée de septembre, c’est 600 titres en littérature que l’on rentre ! ». Une tache fastidieuse qui nécessite selon Jean-Sébastien d’avoir la vocation « Ouvrir une librairie aujourd’hui, c’est être plus motivé par le coté culturel, la médiation, la transmission que par le coté commercial. On doit trier dans le flux tendu des éditeurs pour offrir une sélection de qualité mais aussi brasser large afin de permettre a nos lecteurs de faire encore des découvertes ».
Ici, contrairement à la Fnac, il n’a pas l’impression d’être un infime rouage de l’industrie du livre. « Nous ne sommes pas tenu d’être consensuels ou d’empiler les best-sellers. On peux faire des choix selon nos envies et celles de nos clients car plus qu’ailleurs nous avons la capacité à fidéliser ». A cette fin, la librairie organise également des rencontres avec les auteurs.

Cet espace à livres à taille humaine invite volontiers à la découverte. Difficile lorsque l’on y passe devant de ne pas entrer dans ces « Journées suspendues » pour s’offrir un plaisir inédit. Non, plus la peine d’aller en ville cette petite librairie de quartier a vraiment tout d’une grande !

Olivier Marro