Quoi ? : Magasin de chaussures à Nice
Où ? : 6 Rue Bonaparte 06300 Nice
Quand ? : 09:30–12:30, 14:30–19:30
Des Questions ? : 04 93 55 52 14
Un lien ? : Cliquez-ici

Non loin du Pin emblématique du petit marais niçois se niche une des plus belles adresses de chausseur de la région et si on devait en faire la réclame (lui passer le cirage) au diapason du vintage de sa devanture, on affirmerait que le pied niçois distingué se chausse souvent chez Lucien....

Tout d’abord, réglons ce point: Non, l’élégant quinquagénaire à la barbe nacrée qui vous accueille dans cette charmante boutique de la rue Bonaparte à quelques mètres seulement de la Place du Pin ne se prénomme pas Lucien. Gainsbourg avait troqué la désuétude de ce prénom contre celui de la modernité incarnée par Gérard Blain dans « Le beau Serge ». Domenico Gigante a assumé lui le nom vintage d’une vieille boutique installée depuis 100 ans à Nice alors que pourtant, dans sa partie, il vaut mieux porter un nom italien…Allez comprendre…Pas à un paradoxe près, cette antique enseigne est devenue le fer de lance d’un quartier autrefois disqualifié parce que trop « popu » puis trop glauque mais transfiguré par la grâce d’une gentrification jugée sans doute trop soudaine par ses habitants. Lucien a résisté jusqu’à sa reprise miraculeuse par Domenico en 2012, juste avant la métamorphose du quartier en « petit marais niçois » …

Dès qu’on oblique depuis la Place Garibaldi par la rue Bonaparte pour rejoindre la Place du Pin, on est aussitôt aimanté par la double vitrine chic et délicieusement désuète du seul commerçant chez lequel on ne peut boire un café à moins d’y être expressément invité, si on excepte deux coiffeurs et un électricien très old school qui résiste encore à toute cette récente branchitude endémique. Passé le seuil, le ravissement se poursuit dans un décor de boudoir viril où le vert céladon des murs est réchauffé par l’odeur du cuir, les tapis persans et le mobilier chiné, fauteuils bridge et étagère de métier sur laquelle s’accumulent des accessoires raffinés, tels que chèches et autres écharpes, bracelets en cuir de l’Atelier Clause ou sacs de la marque Craie . Sur les linéaires en bois clair, tous les plus fameux standards pour homme et femme sont revisités souvent avec une pointe d’excentricité assumée, de la sandale au sabot, de la derby aux penny loafers, des Richelieu aux brogues, de la chelsea à l’escarpin.

Domenico le piémontais a failli passer à côté de cette vocation de chausseur à son arrivée à Nice car, styliste de formation (pour Stone Island notamment), il  inclinait plutôt vers la confection. Pour le bonheur des hommes et des femmes, il est donc finalement devenu une pointure dans le quartier et çà tombe bien car à première vue, il semble désormais plus aisé de déguster un thé gourmand grâce à la floraison soudaine de terrasses rue Bonaparte que de jouer les Cendrillon en rêvant de trouver enfin »chaussure à son pied », quoique, à bien y réfléchir, avec tous les spots afterworks, le Malabar Station à proximité immédiate et donc Lucien Chausseur l’espoir est permis .

Lucien chausseur apprécie les chaussures anglaises (Frank Wright et Gola Rééditions) et a indéniablement un faible pour la marque de référence du sur-mesure italien Green George mais non content de sélectionner des marques exclusives, françaises, italiennes ou anglaises (Craie, Keds, Paraboot, Franck Wright, Anniel), Domenico les assortit donc à quelques accessoires bien choisis tels que des sacs, foulards, ceintures et bracelets qui complètent ainsi la panoplie du « beau Lucien » avec une inestimable « italian touch » …