Quoi ? : Bistrot, Brasserie
Où ? : 6 Boulevard de Cessole 06100 Nice
Quand ? : 7/7 Midi et soir sauf le dimanche soir, Ouvert à partir de 9h pour le casse croute, 42 couverts en salle et 30 en terrasse
Combien ? : Menus (entrée-plat-dessert) 14,90 et 19, 50 euros, Carte environ 30 euros, Vins prix d’appel 19 euros (pichet 50 cl : 12 euros) et vins au verre
Transport ? : Bus ligne 4, 7 et 23
Des Questions ? : 04 97 07 30 61
Un lien ? : Cliquez-ici

Michel et son fils Guillaume perpétue à Nice l’esprit des bistrots et brasseries de Panam. Spécialités charcutières, carte déclinant le cochon de la tête aux pieds et le bœuf du Tartare au filet Rossini.

Cochon qui s’en dédit !

Qu’est-ce qui peut pousser un ancien des Halles à venir faire son trou à Nice en ouvrant un bistrot canaille à Nice Nord ? Le hasard, mon colon, le hasard !

Il y a dix ans Michel Martin quitte sa femme et la capitale. Sur un coup de tête il prend un aller simple pour le soleil. Il débarque à Nice, valises à la main. On lui indique la mer. Il passe par la rue piétonne s’arrête Place Magenta commande un café à la terrasse du Mirador. Il y restera prés de dix ans comme chef de rang avant de voler de ses propres ailes.

« A Nice, je ne voyais que des pizzerias, des pâtes, de la cuisine italo-provençale ! Alors quand on m’a proposé de reprendre ce restaurant sur Cessole, je me suis dit pourquoi pas revenir à mes premières amours ? » Amourettes devrait-on dire ! Car la passion de Michel, c’est justement les abats, la triperie, « le sot l’y laisse ».

Tout est bon dans le cochon, ce n’est pas ce parfait titi parisien qui parle des Halles avec émotion qui vous dira le contraire. « Je me souviens du grand trou des halles, mais j’ai connu ce quartier vivant, avant que tout soit excavé. Mon père m’y emmenait me balader quand j’étais minot ». Sur le sujet notre hôte est intarissable, comme sur les brasseries parisiennes où la cuisine rime avec œuf-mayo, soupe l’oignon et os a moelle. Des spécialités bien de chez nous, délicieusement surannées mais si revigorantes en hiver. C’est d’ailleurs dans ce Paname truculent et hâbleur où les gueules sont aussi grandes que fines qu’il fit ses classes passant du « Tambour » fief des noctambules à la « Brasserie du Centenaire », QG de l’assemblée nationale au Suffren au pied des champs de mars.

 

A Nice « Aux Pieds de cochons », Michel recrée depuis deux ans avec son fils Guillaume dans ce bistrot sur une artère populaire (à 10 mn de la Libération) mais à l’écart des circuits à la mode, son petit Paris canaille au gout d’antan. La déco est sobre, discrète. Ce n’est pas ici que l’on vous donnera des cours de design. En revanche si vous êtes amateur de ces petits plats qui ont la gouaille et le fumet de la France profonde, la carte vous réserve les indémodables du cochon. Un animal généreux qui s’offre ici comme le veux la tradition, de la tête aux pieds : museaux de porc à la lyonnaise, tentation St Antoine (pied, queue museaux), pieds de cochons panés ou grillés, jarretons de porc pomme à l’huile, travers et poitrine de porc au miel et pain d’épice, andouillettes grillées. D’autres bas morceaux sont à la fête comme l’indétrônable « Tête de veau sauce gribiche », fondante à souhait ou les tripes à la provençale et la langue de bœuf. En prémices pour rester dans l’esprit, tentez la soupe à l’oignon gratinée, les filets de hareng pommes à l’huile ou un foie gras mi cuit maison. Et pour que ceux qui n’aiment pas le cochon ne soient pas voués aux flammes de l’enfer, une belle carte de viandes décline les classiques pièces de bœuf : tartare, hamburger, entrecôte, onglet aux échalotes confites, filet de bœuf Rossini.

Selon son humeur, la saison et le marché Michel (secondé en cuisine) aime mijoter sur ses fourneaux une daube de sanglier, une potée, ou une choucroute dans la tradition charcutière.

 

Les desserts de facture classique sont fait maison et la carte des vins (resserré sur les fondamentaux) remplit aimablement son office face à cette cuisine familiale, roborative, maitrisée dont les ingrédients sont sélectionnés dans le vieux Nice, à la Boucherie de la Tour (pour les abats) et celle de Saint-François (pour les viandes). La clientèle très bigarrée alterne entre le déjeuner et le soir avec l’offre de deux menus au bon rapport qualité/prix.

Olivier Marro