Quoi ? : Concept Store
Où ? : 6 Rue Martin Seytour 06300 Nice
Quand ? : mardi 10:30–12:00, du mercredi au samedi 10:30–19:00
Combien ? : A partir de 10€
Transport ? : Tramway Place Garibaldi
Des Questions ? : 04 83 55 58 80
Un lien ? : Cliquez-ici

Ce concept-store déborde joyeusement d'une sélection éclectique de créations pointues ou en petite série et de must have intemporels mais revisités, du raincoat à la marinière et du headband à la la pointe des sneakers...

Le Palace fût à la fin des seventies le lieu mythique des soirées parisiennes orchestrées par Fabrice Emaer, l’équivalent européen du Studio 54 new yorkais et même si Violette Castellano n’ambitionne pas d’embraser le dance floor rue Martin Seytour, dans le petit marais niçois, le clinquant du nom attribué à son concept-store inauguré en octobre 2015 promet lui aussi de l’élégance dandy, du fun et de l’underground. Le fait qu’on puisse y repérer aujourd’hui la toute jeune création d’une héritière glam telle que Gloria May Jagger (en collaboration avec Volcom la marque des snowboarders) résonne à lui seul de ces glorieuses années: Le désir d’infuser l’esprit de la mode dans un lieu polymorphe et incontournable qui émet de bonnes vibrations est bien là, mais sans la moindre aura décadente cette fois.

On retrouve dans ce concept-store des marques de caractère plutôt citadines et parfois streetwear qui méritent le label de love brand tant elles ont su créer au fil des ans une relation forte avec leurs clients: Qu’il s’agisse de chausser des Van’s ou des Veja, la marque française écologique en séries limitées ou d’écouter du bon son en mode nomade avec une enceinte vintage Marshall. Les petites séries sont privilégiées et c’est « save the date » sur les réseaux sociaux quand débarquent en boutique les baskets résultant de la collaboration entre Le Coq sportif et Onze mètres carrés, les spécialistes du sneaker féminin.

Des références exigeantes, sélectionnées avec passion et curiosité par la sémillante Violette qui dit vouloir promouvoir la crème des créateurs singuliers et un concilier le design de qualité avec l’exigence personnelle de ne proposer que des produits inédits à Nice et pas mal de « made in France ». Ainsi, les bijoux délicats de Delphine Pariente ou ceux issus de la collection Billie Sacré-coeur emballent celles qui privilégient la discrétion, les autres optent pour le charme ethnique des colliers-plastrons brodés par Nahua. Les Dr Geek et Mrs SunGirl glissent deux paires de lunettes dans un sac Petite Mendigote: Une paire Izipizi anti lumière bleue et une autre estampillée Komono, la marque belge qui monte pour filtrer les UV.

En cas de frimas, on s’emmitoufle dans une étole Inouïtoosh et en cas de vagues sur le bitume, fille ou garçon, on saura toujours résister avec sous le raincoat très logiquement signé Rain, un pull marin brodé par la jeune griffe Maison Labiche, enfilé lui-même sur un tee Step Art label, sans oublier un miki breton de Béton Ciré bien vissé sur le crâne. Il ne manquera plus que la Ceinture du Marin designée par le voisin du quartier Thomas di Metto pour un total look unisexe de saison pluvieuse. A la 1ère éclaircie, hop! un maillot de bain du Beach Club Apparel, un bandeau Hello Wolly en wax et des nus-pieds cordés Nomadic State of Mind sauront parfaire un look de de fashionnista citadine.

Fidèle à la vocation d’un concept store et à la dimension sociale de ce nouveau type de commerce conçu comme un véritable écosystème, le Palace shop fédère sa clientèle par quelques activités parallèles à la vente, généralement en nocturne, telles que des apéros, des rendez-vous autour de produits phares, de marques partenaires mais aussi des expositions, des performances artistiques ou musicales via Panda Events. Des artistes comme Patrick Fréga, passent aussi en voisin. Le dessinateur Leny Gaud customise les boîtes de montres de la marque Nixon. On boit un verre, on redécouvre les murs transformés en cimaises ou le grand miroir dans lequel on vérifie habituellement que sa silhouette est impeccable, désormais décoré d’un oiseau peint.  Bref, en plus d’être habillé de pied en cape et « accessoirisé », on profite de toutes sortes d’évènements qui métamorphosent un concept-store en un véritable lieu de vie.

Michèle Goarant