Quoi ? : Rétrospective Seijun Suzuki à la Cinémathèque de Nice
Où ? : 3 Espla nade Kennedy
Quand ? : Du 6 au 26 avril
Combien ? : Carte Abonné : 2,50 € 1 séance : 3 € / 5 séances : 12 € Tarif étudiants : 2 €
Des Questions ? : 04 92 04 06 66
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"En avril ne te découvre pas d'un film !", fidèle à l'adage la Cinémathèque fait monter la température en rendant hommage à Seijun Suzuki, un réalisateur nippon dont les polars cultes ont donné du grain à moudre à Jarmusch et Tarantino.

Un an après la mort de Seijun Suzuki et à l’occasion de la sortie en copies restaurées de sa filmographie, la Cinémathèque de Nice offre une salve d’honneur à cette œuvre peu diffusée en salles. Longtemps tiraillés entre série B et avant-garde sulfureuse ces films marquèrent au fer rouge le cinéma japonais des sixties, au point que Suzuki après avoir sévit pendant douze ans et 40 longs métrages pour les emblématiques studios Nikkatsu en fut bannit. Pourtant la maison nippone n’avait pas froid aux yeux et fut réputée pour avoir initié dans les années 70 le roman porno, des films lâchant la bride à un sadomasochisme teinté de romantisme. Mais l’antimilitarisme de Suzuki, sa chronique sur des prostituées du Japon de l’après-guerre, dans « La Barrière de la chair » dont l’érotisme barbare cache mal le brûlot anti-américain fut la goute qui fit déborder le vase.

Tombé dans l’oubli, l’œuvre de l’irrévérencieux Suzuki a été repêchée par les cinéphiles dans les années 90. Franc-tireur d’une nouvelle vague nipponne (avec Oshima en tête) qui souffle le vent de la révolte en écho à celle française ou au nouvel Hollywood, le réalisateur s’est imposé par la bande en détournant les commandes et les codes des films Yakuza, en osant un cocktail détonnant de violence urbaine, de volupté graphique, de nihilisme et en stylisant à outrance ses films au point d’inventer en cinémascope son propre genre : Le polar pop et psychédélique. Sa meilleure période est brève (de 1963 à 1967), mais son audace créative ultra sophistiqué (qui manque aux sado-nudies américains de la même époque) à l’image de ses gunfights décalés, a propulsé la série B au rang de l’un des beaux-arts.
C’est cet âge d’or avec son acteur fétiche, l’étrange Joe Shishido aux joues de hamster, que donne à revoir en avril la cinémathèque avec au menu : Détective Bureau 2-3, La Jeunesse de la bête, La Barrière de chair, Histoire d’une prostituée, Le Vagabond de Tokyo et La Marque du tueur. Avis aux amateurs et pécheurs de perles de culture trash !

Olivier Marro