À travers l’exposition « Maurice Denis, années 1920. L’éclat du Midi », le Musée des Beaux-Arts Jules Chéret rend hommage à l’un des grands maîtres du symbolisme et du Nabi, en célébrant le centenaire de la rétrospective consacrée à Maurice Denis à Nice en 1925. Une plongée lumineuse dans une décennie charnière, où l’artiste trouve, sur les rives méditerranéennes, un nouveau souffle créatif.
Le Midi comme révélation
Les voyages de Maurice Denis dans le Sud, dès 1906, puis en 1913 et dans les années 1920, constituent le fil conducteur de l’exposition.
De Marseille à Cannes, d’Antibes à Bordighera, le peintre découvre un territoire qui l’éblouit par sa lumière, sa végétation et la diversité de ses paysages. Cyprès, mimosas, pins parasols et villages accrochés aux collines nourrissent ses carnets de croquis et irriguent des compositions où la nature devient décor d’épisodes mythologiques ou bibliques.
Le Midi s’impose alors comme un paysage mental autant que réel, transfiguré par une palette de bleus et de roses scintillants.
Une seconde vie, intime et créatrice
Après la disparition de sa première épouse en 1919, Maurice Denis traverse une période de bouleversement, bientôt suivie d’un renouveau. Son mariage avec Elisabeth Graterolle en 1922 lui apporte une énergie nouvelle, perceptible dans ses nus, ses portraits et ses scènes familiales baignées de douceur. Le voyage de noces du couple sur la Côte d’Azur donne naissance à plusieurs vues emblématiques, dont des panoramas d’Antibes et du Cap, tandis que la maternité et l’enfance deviennent des thèmes récurrents. L’exposition met en lumière cette période d’épanouissement personnel, indissociable de l’intensité créative des années vingt.
L’âge de l’accomplissement et du décor
Les années 1920 marquent également l’apogée de Maurice Denis comme peintre-décorateur. Maquettes, projets monumentaux et ensembles religieux témoignent de son ambition d’inscrire l’art dans l’espace public et sacré. De l’Opéra Garnier au Petit Palais, en passant par la chapelle du Prieuré, Denis développe un art total, mêlant peinture, vitrail, mobilier et sculpture. L’exposition rappelle aussi le rôle central joué par Nice en 1925, lorsque l’artiste fut invité d’honneur du Salon de la Société des Beaux-Arts, moment clé que l’événement actuel reconstitue en partie, un siècle plus tard.
Le Petit Plus : Un catalogue de l’expo est disponible aux éditions Silvana Editoriale (149 pages, 30 €)
Par Eric Foucher / Photos Musée Beaux Arts









