Strass, velours, plumes et célébrités… Le Musée des Beaux-Arts Jules Chéret fait revivre la Belle Époque à travers une exposition où le théâtre, la haute couture et les grands portraits racontent le faste d'une Nice cosmopolite et flamboyante.
Une Belle Époque où tout devient spectacle
Entre 1871 et 1914, la Côte d’Azur attire l’Europe entière. Aristocrates, artistes, écrivains et grands compositeurs se croisent dans une ville en pleine effervescence culturelle.
L’exposition débute dans l’univers des carnavals, bals costumés, cabarets et cafés-concerts qui font vibrer la société de l’époque. Sous les masques d’Arlequin, Pierrot ou Colombine, les conventions sociales s’effacent le temps d’une soirée, tandis que les pastels lumineux de Jules Chéret restituent toute la magie des éclairages électriques et des fêtes nocturnes.
Derrière cette insouciance apparente se cache pourtant une société traversée par les inégalités et les bouleversements de la modernité, auxquels l’art offre un véritable exutoire.
Les premières stars internationales et le faste de la Riviera
L’exposition met ensuite à l’honneur celles qui furent les véritables célébrités de leur temps.
Sarah Bernhardt, Emma Calvé ou Sophie Cruvelli voient leur image diffusée à travers affiches, photographies et cartes postales, devenant les premières vedettes à la renommée mondiale.
Leur succès leur offre une indépendance exceptionnelle pour des femmes de cette époque. À leurs côtés apparaissent des artistes comme Marie Bashkirtseff ou Madeleine Lemaire, qui utilisent également le portrait pour affirmer leur place dans un monde artistique encore très masculin.
Nice devient alors un incroyable carrefour cosmopolite où se rencontrent Puccini, Jules Massenet, Jean Lorrain et toute une élite internationale venue profiter de la douceur de vivre azuréenne.
Portraits, haute couture et extravagance des chapeaux
Dernière étape du parcours : l’art du portrait mondain. Plus qu’une simple ressemblance, ces œuvres racontent un statut social, une personnalité et une époque.
Les grands portraitistes comme Jean-Joseph Benjamin-Constant, Philip de László ou Kees Van Dongen rivalisent d’élégance pour immortaliser aristocrates, artistes et grandes fortunes.
Les étoffes chatoyantes, les bijoux et surtout les spectaculaires chapeaux deviennent des éléments essentiels de la composition. Entre plumes d’autruche, fleurs, fruits et accessoires démesurés, la mode de la Belle Époque s’impose comme un véritable langage visuel, révélant autant le rang social que le goût de chacune.
Une conclusion flamboyante qui montre combien, à cette époque, l’art, la mode et la représentation de soi étaient intimement liés.
Par Eric Foucher / Photos Musée des Beaux-Arts Jules Chéret









